Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

 

Alphonse Allais

ALLAIS, ALLAIS, ON NE BADINE PAS AVEC L’HUMOUR !
 
Cent douze ans après sa mort (oct 1905) Alphonse ALLAIS, écrivain et poète Normand né à Honfleur est plus que jamais d’actualité en cette période plutôt morose.
 
A l’occasion de la sortie du 1er numéro de leur petit journal, les Insoumis, grands amateurs de rire et d’humour ont voulu saluer l’écrivain en publiant ce poème souvent célébré en Normandie lors des mariages : « Complainte amoureuse ».
 
Nos lecteurs désireux d’en savoir plus peuvent allais en librairie se renseigner sur l’ œuvre de l’écrivain et allais aussi visiter le plus petit musée du monde qui lui est consacré, situé à Honfleur.