Saviez-vous que, dans les pays privilégiés comme le nôtre, les services publics sont les seules richesses des plus démunis.
 
Le pauvre ne devrait-il pas être traité de la même manière que le riche, avec une égalité de traitement face à la maladie, à la mort ?
La détresse humaine, le plus souvent invisible mais bien réelle, est largement ignorée dans le débat public. Aujourd’hui, dans les actes, la France n’est plus « le pays des droits de l’homme ».
 
Le recul des services publics et la précarisation des conditions de vie ont fait exploser la pauvreté. Neuf millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France.
L’état abandonne une population rurale pauvre…Cela concerne 3 millions d’habitants qui vivent dans des territoires à la fois enclavés en termes de transports, sous urbanisés en terme d’infrastructures : qualité de vie, accès aux soins médicaux ou indice de mortalité y sont les plus défavorables de toutes les catégories de territoires qui existent en France.
 
En Normandie, la précarité rurale serait confrontée aux difficultés de mobilité, aux charges de loyers et aux logements mal isolés, un discours qui contredit le préjugé selon lequel « la misère est moins pénible à la campagne ».
 
Depuis plusieurs années, à mesure de l’impuissance croissante du politique à résoudre la question sociale, le vocabulaire utilisé pour parler de pauvreté a délaissé le registre de l’exclusion pour celui de la précarité, de la vulnérabilité, déplaçant progressivement le curseur de la responsabilité sociétale vers celle des individus.
 
La pauvreté en Normandie
 
En un an, entre 2015 et fin 2016, le nombre de  personnes sans aucune ressource en Normandie a progressé de 12,9 % à 15,3 %. A Fécamp, le taux de pauvreté (18,4 %) est plus élevé que le taux de pauvreté français (13,9 %) et près de 54 % des foyers fiscaux de la commune sont non imposables.
 
La Normandie doit faire face à un chômage « dur ». Des situations très précaires pour des chômeurs sans droits reconnus. Des ménages rencontrés font face à des impayés (62 %) de loyer à cause de la faiblesse des revenus des locataires pour 41,7%, gaz et électricité pour 37,5 % et l’eau pour 27,3 % soit 1,5 fois plus qu’un niveau national.
 
Les familles monoparentales et les étudiants sont touchés par la précarité, 44,7 % vivant dans des villes de plus de 100 000 habitants.
 
Au Havre, les étudiants sont confrontés à de réelles difficultés rapporte l’accueil spécialisé, proche de l’université.
 
L’avenir en commun (1) propose de restructurer les emprunts des ménages surendettés et de garantir à tous l’accès effectif aux services bancaires de base, de créer une « garantie dignité » en revalorisant les minima sociaux.
 
Constat du rapport Normand des associations : la Normandie accueille moins de réfugiés qu’au niveau national mais ceux-ci se trouvent dans des situations très précaires faute de statut. On ne peut pas dire qu’ils viennent profiter de la générosité du système social français.
Tout comme les migrants de Calais, les pauvres seraient ils devenus les pestiférés de la République ? Faut il laisser perdurer « la violence d’état » (harcèlement) contre les exilés ? Ils n’ont pas accès aux droits et aux protections les plus basiques. Ils n’ont droit ni à des allocations chômage, ni à l’assurance maladie, ni à la couverture d’un accident de travail, ni au RSA…
 
L’avenir en commun (1) propose : la gratuité de l’accès et des quantités d’eau, électricité et gaz indispensables à une vie digne en commençant par l’interdiction de coupure d’eau et de réduction de débit au domicile principal.
 
Pour 64 % des personnes interrogées par l’institut CSA en Novembre 2009 pour l’association Emmaüs, c’est l’Etat qui est responsable du fait que des personnes vivent sans domicile ; pour 31 %, ce sont les personnes concernées elles-mêmes et pour 20 % les collectivités territoriales, pour 18 %, les municipalités, pour 15 %, tous les citoyens et pour 4 % les associations.
 
D’après « le Secours Catholique », les pauvres sont de plus en plus pauvres et toujours victimes de lourds préjugés. Les personnes seules sont les plus nombreuses à demander de l’aide auprès des bénévoles. Elles veulent de l’écoute, des conseils mais aussi des aides matérielles.
 
Quelques idées reçues sur les pauvres :
…..Sur les sans-abri : « Les gens qui vivent à la rue l’ont choisi » FAUX.
 
D’après un article de Cécile Brousse : Une personne sans domicile sur cinq a dû quitter le domicile de ses parents avant l’âge de 16 ans. En ce qui concerne les jeunes sans domicile, la Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion observe que « les difficultés d’accès des jeunes au logement et l’absence des ressources propres des moins de 25 ans n’ayant pas d’activité professionnelle (parfois trop jeunes pour obtenir le RSA) en font un public vulnérable et isolé.
 
Il faudrait tout faire pour que personne ne se retrouve à la rue.
 
L’avenir en commun (1) propose d’atteindre l’objectif « zéro sans-abri » : chacun doit se voir proposer un hébergement d’urgence ou un logement et un accompagnement durable.
 
« La pauvreté, cela peut arriver à tout le monde » FAUX.
 
« Ce fantasme entretenu par les média est sans fondement » d’après le livre d’ATD Quart Monde.
 
Deux tiers des français jugent possible qu’eux-mêmes ou un de leurs proches se retrouvent un jour sans domicile fixe. Cette idée reçue, entretenue par certains discours sur la crise est le contraire de l’idée selon laquelle « les gens qui vivent à la rue l’ont choisi », mais cela ne les empêche pas de coexister….il suffit rarement d’un ou deux accidents dans la vie (rupture familiale, licenciement…) pour se retrouver durablement « à la rue ». Ce risque est en réalité faible pour celui qui peut compter sur un réseau social et un métier.La grande majorité des personnes sans abri a connu un cumul de précarités dans la durée et un isolement social important. Les personnes sans domicile, qui avaient auparavant un emploi, occupaient des métiers d’ouvriers ou d’employés dans huit cas sur dix, révèle l’enquête de l’Insee de janvier 2001 auprès des personnes fréquentant les services d’hébergement ou les distribution de repas chauds.
 
Aujourd’hui la situation de nos mal-logés apparaît frappée en permanence d’invisibilité médiatique et d’un climat de parfaite indifférence. Les chiffres sont pourtant accablants : 4 millions de personnes souffrent en France du mal logement. Notre pays compte 143 000 SDF soit l’équivalent de la population totale de la ville d’Aix-en-Provence.
 
L’avenir en commun (1) propose de créer une « garantie dignité » en revalorisant les minima sociaux (aucun niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté).
 
La précarité à Fécamp : l’aide sociale légale et facultative.
 
Aide sociale légale : le service du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) a en charge la mise en place de l’aide sociale légale à Fécamp.
 
L’aide sociale légale est un dispositif qui permet d’instruire des demandes dans les domaines suivants :
 
– l’aide aux personnes âgées,
– l’aide aux personnes handicapées.
 
Aide sociale facultative : une commission se réunit une fois par semaine pour les situations précaires au cas par cas, ou de secours ponctuels en nature (règlements de factures d’eau impayées, aides alimentaires, transport…
 
Il y a quatre instances à Fécamp pour les aides concrètes aux familles ou personnes seules :
 
La Croix-Rouge française : 59056 bénévoles : 64% de femmes, 36% d’hommes, 17 422 salariés sur notre territoire.
Le Secours Populaire Français : fondé en 1945, association à but non lucratif, reconnue d’utilité publique et déclarée Grande cause Nationale…
Les Restos du Cœur : en septembre 1985, Coluche crée les « Restos du Cœur ». Son idée, distribuer deux ou trois mille couverts par jour.
– Le Secours Catholique : Association à but non lucratif créée le 8 Septembre 1946 par l’abbé Jean Rodhain.
 
Les personnes en situation de précarité peuvent choisir les aides et les associations sans restriction.
Une inscription est demandée pour les statistiques et pour comptabiliser les besoins.
 
La Croix-rouge française
 
Organisation et fonctionnement  : la Croix-rouge française, présente sur tout le territoire est portée par l’engagement de ses adhérents et de ses bénévoles.
 
Il y a une délégation régionale à Fécamp dont le siège est à Caen.
 
Cette unité locale compte quelques bénévoles, répartis sur deux récents concept du « Vesti’Shop » et le « Smart Service ». Patrick Dugard est le responsable de tout le secteur social. Il tient à valoriser des valeurs comme l’échange, l’estime de soi, la vertu, du faire. Un arbitrage, dit-il qui permet de donner du sens à ceux qui ont tout perdu. L’association se veut croyante et humaniste. « On a tous nos croix à porter » !
 
Toute l’année, les conseillers accueillent les bénéficiaires, refus de stigmatiser la pauvreté : très peu de grandes familles trois enfants maxi, des jeunes sans emploi, sans qualification, sans RSA, trop jeunes pour en bénéficier, des femmes célibataires, 50 % de la population est au foyer, et du nomadisme institutionnalisé. Les conseillers s’occupent de l’approvisionnement et sont à l’écoute. Mesure de l’évolution sur les trois dernières années : 300 adhérents, bien moins que les « Resto du Cœur » bien que l’évolution soit variable selon les années. Pour ces hommes et ces femmes dont les conditions de vie sont précaires, la période hivernale renforce le sentiment d’abandon.
 
« Tous les quinze jours d’alimentation, on demande une petite participation de 3,50 euros, la contribution reste à 50 cents, selon les épiphénomènes (accident de la vie, des endettements entre 40 et 50 ans) c’est au cas par cas, un manteau par exemple est à 5 euros…Les formes ont changé à propos de la misère, les gens sont parfois agressifs entre eux dans la file d’attente. Pendant la prise en charge, on évite des querelles causées par  leur manque d’autonomie ».
 
« Pour des raisons éthiques,  juridiques,  sanitaires,  sociales et économiques, nous avons décidé de transférer à l’association de la Banque Alimentaire du Havre, les opérations de collectes de denrées invendues auprès des supermarchés. »
 
– 200 bénéficiaires en 2017
– 320 bénéficiaires en 2018
 
La Croix-Rouge est financièrement autonome, les locaux sont gratuits.
 
Le Secours Populaire Français 
 
« Tout ce qui est humain est nôtre »
 
– Association 1901, sa structure dépend de la Mairie. Sa comptabilité est vérifiée par la fédération de la Seine-Maritime (Rouen).
 
Cette association s’est donné pour mission d’agir contre la pauvreté et l’exclusion et de promouvoir la solidarité et ses valeurs. Elles rassemblent des personnes de toutes opinions, conditions et origines qui souhaitent faire vivre la solidarité.
 
L’association fonctionne en demande de dons pour des campagnes et des actions au profit des pauvres. Cette solidarité amende des journées de vacances pour les jeunes. Chaque année, un adulte sur deux et un enfant sur trois ne partent pas en Vacances ! Des actions comme « Le père Noël vert » et à Pâques, « la chasse aux œufs » pour les petits, des tombolas et la galette solidaire sont organisées auprès des commerçants et entreprises.
 
Vingt communes sont sollicitées pour aider cette instance. La commune de Paluel donne une somme importante. Le Conseil Général (département) aide financièrement pour les dépenses d’électricité… Une inscription est demandée pour l’aide personnalisée (alimentaire, vestimentaire, frais obsèques…). En principe 7 euros, une fois par mois…mais chacun gère ses dépenses selon ses difficultés. Des fiches recettes/dépenses sont préparées pour le suivi des besoins. Le système est flexible.
 
Depuis 2017/ 2018, 346 dossiers sont archivés. Il y a 14 000 à 15 000 repas sur l’année…943 personnes sont bénéficiaires : entre quinze et vingt grandes familles. Des personnes seules : 60 en 2017 et 51 depuis 2018…Douze personnes sont présentes en permanence.
 
Les personnes accueillies ne sont pas assistées, elles restent des partenaires. Le principe est qu’elles arrivent à construire les projets qui les intéressent. L’éducation populaire est en marche.
 
 Les Restos du cœur 
 
« nous aiderons toujours ceux qui sont dans le besoin ».
 
« Tout est gratuit »
 
– 118 associations départementales.
Elles sont autonomes juridiquement. Ces associations gèrent, animent et coordonnent sur le terrain l’aide alimentaire et les multiples activités qui contribuent à la réinsertion.
C’est un travail au quotidien que chacune d’entre elles assure avec conviction et efficacité.

  • Les Restos du cœur de Fécamp.

L’association dépend du Havre qui gère l’approvisionnement : selon le nombre d’inscriptions pour les achats (Fond Européen : FEAD), les dons plus la collecte nationale (Exemple : 58 tonnes sur le Havre). Il y a en général 45 000 repas distribués sur l’année (ramassage fruits et légumes des magasins Carrefour). En une journée, il peut y avoir cinquante familles au centre Dunant.
L’association compte quarante bénévoles répartis pour l’organisation de Fécamp, Bolbec, Gravenchon, Cany-Barville, Valmont. En 2017, il y avait 600 bénéficiaires à Fécamp (adultes : 70 personnes seules, certaines ont un logement social -Tour Saint Nicolas- des jeunes, 15 bébés, 4 migrants).
 
En période hivernale, il y a beaucoup plus de distributions, comme dans toutes les autres instances. Les bénéficiaires peuvent s’inscrire dans les trois autres (Croix-Rouge, Secours Populaire, et Secours Catholique). Un particulier qui n’a que 600 euros par mois pour vivre obtient une aide financière pour ses factures d’eau, d’électricité… Un RSA de 551 euros (pour une personne seule), c’est un cache misère.
 
Des espaces de convivialité et d’échanges comme la boulangerie, cafétéria, coin bébé, coin bibliothèque et espace coiffure sont disponibles. Le matin, un café avec un biscuit ou autre est offert. Quatre retraités sont à l’accueil à la cafétéria. Quatre à cinq personnes bénéficiaires partent en Vacances (CAF), en Bretagne ou dans les Alpes.
 
« Un sourire pour avancer »
 
Le Secours Catholique français
 
Le Secours Catholique est une association de l’église catholique qui lutte contre les causes de pauvreté et d’exclusion en France et dans le monde.
 
En action avec les personnes précaires, forte de plus de 67 000 bénévoles, l’association Catholique Caritas France agit jour après jour pour faire reculer la pauvreté et les inégalités en France et dans le monde. Elle a pour socle la doctrine sociale de l’Eglise catholique comme moteur « Le bénévolat et le don ».
 
4000 équipes locales, réparties sur tout le territoire hexagonal et outre-mer, accueillent les personnes en situation de précarité quelles que soient leur culture et leurs convictions.
 
ONG caritative membre du réseau Caritas Internationalis, le plus vaste réseau d’organisation humanitaire au monde. Le Secours Catholique – Caritas France soutient ses partenaires sur plus de 700 projets d’urgence et de développement à travers 77 Pays.
 
L’instance de Fécamp « Secours Catholique » a organisé un voyage à Lourdes…
 
Comment éradiquer la Pauvreté ?
 
Saviez-vous que Rutger Bregman, 30 ans, essayiste prodige Hollandais, que les médias s’arrachent et que l’on surnomme « Monsieur Revenu universel » a eu l’audace de rêver tout haut ce que personne n’osait imaginer tout bas : à savoir qu’éradiquer la pauvreté était possible ?
Dans son essai « Utopies réalistes », déjà écoulé à plusieurs millions d’exemplaires, il met en avant trois propositions phares : la semaine de 15 heures, la généralisation du revenu de base, l’ouverture des frontières…..Pour lui, les sociétés occidentales n’ont aucune vision de l’avenir. Nos machines à rêver et à penser collectif sont cassées.
 
L’avenir en commun (1) propose pour éradiquer la pauvreté de respecter les métiers et les travailleurs.
85 % des contrats signés sont aujourd’hui des contrats précaires (CDD, intérim, etc.) Sans compter les temps partiels contraints, quasi exclusivement occupés par des femmes (80%), qui ne permettent pas une paie suffisante pour vivre dignement. Titulariser tous les précaires des trois fonctions publiques…
 
Comment lutter contre la pauvreté ?
 
En ayant des projets comme ce dispositif « Jeunes Actifs dans la Vie associative » (JAVA). Le département aide au financement de projets portés par et pour les jeunes.
Les domaines investis sont éclectiques : santé, lutte contre les discriminations, citoyenneté, culture…
A Dieppe, des jeunes ont créé un spectacle pour partager avec des migrants, nos différentes cultures autour de la cuisine, la danse et l’artisanat, des langages universels.

« L’avenir en commun pour un futur riche »

 
Sources : « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » ATD quartmonde, « magazine Seine Maritime », le « 1 »,  « le monde diplomatique », «  émission France 5 », Thomas Guénolé « ANTISOCIAL, la guerre sociale est déclarée ».
 
Merci aux associations de Fécamp de m’avoir consacré un temps précieux.
 
Annelise Kunzé

(1) programme de la France Insoumise

Pour en savoir plus..

Le 4e cours de l’Ecole de Formation de la France Insoumise du 21 avril 2018 « éradiquer la pauvreté » :
 https://youtu.be/tcyLNhfxReM
 

https://avenirencommun.fr/le-livret-pauvrete/

https://www.restosducoeur.org/

https://www.secourspopulaire.fr/

http://www.croix-rouge.fr/

https://www.secours-catholique.org/