Lettre d’un citoyen alarmé
 
Ce jeudi 5 juillet, le tant attendu plan biodiversité vient d’être dévoilé par le premier ministre et le ministre de l’écologie Nicolas HULOT.
 
Je ne reviendrai pas ici dans le détail des nouvelles mesures prises par ce gouvernement sur un sujet qui devrait être l’une des priorités de ce quinquennat mais force est de constater que l’accueil des ONG à ce plan est très contrasté.
 
Malgré son arbitrage en faveur de Notre Dame des Landes, HULOT ne cesse de capituler devant MACRON et d’avaler des couleuvres de plus en plus grosses : le CETA, le fiasco du nucléaire (report de l’objectif de 50% nucléaire de 2025 à 2035) et la demi-victoire sur le glyphosate dont le retrait n’est pas acté avec de nombreuses dérives possibles.
 
Malgré tout, nous ne pouvons que souhaiter que ce plan soit une avancée pour l’environnement, pas un énième saupoudrage ou des actes localisés… c’est un plan vraiment national qu’il faut !
 
Quelques chiffres pour constater l’urgence :
– En Europe, 71% des populations de poissons et 42% des espèces animales et végétales ont diminué en 10 ans, 30 % des oiseaux en 20 ans, 75% des insectes sur les 3 dernières années notamment les abeilles (30 à 40% des colonies ont disparu en 10 ans) et les vers de terre.
 
Aujourd’hui  les causes de l’anéantissement biologique sont nombreuses mais la principale vient de notre système agricole qui est le principal acteur dans les disparitions de notre biodiversité.
 
Paradoxe étonnant car le but initial du monde agricole est de nourrir le monde !
 
La politique de la terre brûlée amène aux mêmes effets.
 
En lui enlevant le gîte et le couvert (arbres, arbustes, friches, haies), la biodiversité n’a plus les moyens de simplement survivre, c’est un constat terrible et sommaire mais le bon sens paysan a tout simplement disparu.
La culture intensive est particulièrement destructrice.
 
Je me permets de faire un petit retour en arrière et de vous rappeler la problématique de la vache folle. Nourrir les bovins donc « herbivores » avec des farines animales !
Cela en dit long quand même sur le bon sens !
 
Depuis de nombreuses années nos politiques ont contribué à ce désastre, et entrainé une extinction majeure des espèces est en cours.
 
L’une des premières causes est évidemment l’utilisation intensive -entre 5 et 10 par culture parfois- de produits de traitement phytosanitaire (insecticides, pesticides, herbicides, fongicides… ) pour préserver les récoltes.
Les Cruiser, Poncho, Gaucho, Cheyenne, Regent sont aujourd’hui interdits mais les lobbys de cette industrie toute puissante sont à pied d’oeuvre et certaines firmes ont déjà mis au point des produits similaires qui pourraient être fatals à l’ensemble de la biodiversité.
Malgré les alertes, le glyphosate est encore utilisé aujourd’hui !
 
C’est la composition et le mélange de ces produits qui amènent à une hécatombe du milieu naturel.
 
Autre point tout aussi important que nous constatons de plus en plus : les herbages disparaissent au profit des céréales et de la culture intensive.
 
Les arbres, arbustes, friches, haies sont irrémédiablement détruits afin de permettre une utilisation maximale des surfaces. Ainsi, en quelques secondes, cette vie animale et végétale qui a mis parfois plus de 10 ans à se développer en parfaite harmonie est réduite à néant et leur fonction dans la chaine alimentaire détruite !
L’effet domino est donc inéluctable, la mort !
 
Les politiques agricoles ont contribué et continuent à tuer la vie.
Sur les grandes surfaces en culture intensive , la vie disparaît !
 
Dans un texte récent la LPO (ligue de la protection des oiseaux ) lance un cri d’alarme sur la situation en Normandie
 
http://normandie.lpo.fr/php/lpo-normandie.php
 
Dans nos communes, les haies naturelles sont remplacées par des palissades en plastique, les arbres creux sont abattus, des produits nocifs (herbicides) sont aussi utilisés dans les traitements d’entretien des allées.
Les causes sont très largement identifiées !
 
En Normandie plus de 95 % des agriculteurs sont en agriculture traditionnelle, donc utilisant des produits nocifs !
Une autre agriculture est possible et plus que jamais nécessaire ! Permaculture, agroforesterie… une politique agricole biologique respectueuse de l’environnement assurant des prix accessibles pour les consommateurs et rémunérateurs pour les paysans est possible !
 
Le défi prioritaire du monde n’est-il pas de protéger l’environnement ?
 
Les propositions de la France Insoumise pour une agriculture écologique et paysanne font l’objet d’un livret thématique
 
https://laec.fr/section/45/sauver-l-ecosysteme-et-la-biodiversite
 
Ce livret détaille les mesures d’urgence et les grandes orientations sur l’agriculture et l’alimentation.