Via « Le rouge gorge », le bulletin sans prétention (ce sont eux qui le disent…) de la section de Fécamp du Parti Communiste Français, nos amis fécampois ne manquent jamais une occasion de sortir la faucille et le marteau, symboles chers aux nostalgiques pour taper sur les Insoumis.
 
« Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée » (sic) auraient commis un crime de lèse majesté en ne signant pas le manifeste pour l’accueil des migrants. Qu’en est-il ?
 
Mélenchon a raison… et c’est l’éditorialiste de Libé jamais tendre avec Mélenchon, qui le dit :
« Au sein du groupe parlementaire de La France insoumise, Clémentine Autain signe un texte favorable à l’accueil des migrants, si général qu’il devient flou. Les autres, Mélenchon en tête, refusent de s’y joindre. Les courants de gauche non-mélenchonistes, Hamon, les écolos, le PCF, s’en saisissent pour en faire un marqueur idéologique.
 
Le texte a une qualité et deux défauts. Il rappelle la nécessité de l’accueil et l’humanisme élémentaire qui sied à une grande démocratie : juste affirmation. Mais il présente comme une concession à l’extrême droite toute mesure qui tend à réguler l’immigration. A ce compte-là, tous les gouvernements de la France depuis 1945, de droite et de gauche, appartiennent à l’extrême droite ou bien lui font de honteuses concessions. Et tous les gouvernements de la Terre également : tous régulent, et donc contiennent, les flux migratoires. Accusation absurde et confuse…
 
Le texte prescrit le «droit à la libre circulation». Idéal précieux. Mais il oublie de dire que dans les textes internationaux, ce droit présente d’importantes exceptions, liées à la sécurité du territoire ou aux intérêts nationaux. Faut-il les annuler ? Mystère. La libre circulation est garantie dans l’espace Schengen, qui regroupe une vingtaine d’Etats européens, sauf exception transitoire. Faut-il étendre cette garantie aux non-Européens ? Le texte semble le dire. Mais dans ce cas, tout individu qui veut entrer en Europe, ou en France, serait autorisé à le faire de plein droit. Il faut aujourd’hui un visa pour venir d’un pays extra-européen en France. Faut-il l’abolir ? L’office des réfugiés (Ofpra) examine la situation des demandeurs d’asile, acceptant les uns, refusant les autres. Faut-il le dissoudre et donc supprimer au passage toute distinction entre réfugiés menacés dans leur pays et migrants souhaitant simplement travailler en France ? Rappelons qu’aucun gouvernement ne l’a jamais envisagé, même quand il comprenait des ministres communistes, hamonistes ou écologistes. La position des démocrates est celle de l’accueil régulé, ce qui les distingue de l’extrême droite qui tend à refuser tout accueil. Peut-on mettre ces deux forces dans le même sac ? Amalgame absurde et confus. »
 
Tout cela a le mérite d’être clair mais nous avons bien peur que cette analyse échappe à la clairvoyance de nos amis communistes fécampois, plutôt coutumiers des approximations. En effet, toute rédaction d’un journal ne peut pas avoir les qualités du Canard enchaîné… Un encart à cet article du Rouge gorge révèle aux lecteurs les pratiques antidémocratiques de la France insoumise qui aurait exclu 700 militants. Que diable, on se croirait revenu à l’époque stalinienne où les militants s’excluaient d’eux-mêmes ! Pour dire vrai, deux pétitions qui auraient péniblement recueilli 700 signatures, ont conduit la FI à exclure les quatre auteurs. Quatre… on est bien loin des sept cents !
 
L’excès de bile fait parfois perdre la raison.
 


 
Pour en savoir plus sur les propositions de la France Insoumise , consultez le livret  #32
« Respecter les migrants, régler les causes des migrations »

https://avenirencommun.fr/le-livret-migrations/