Aujourd’hui, le MEDEF siège au Conseil National des Sapeurs-pompiers volontaires. (Décret n° 2019-376 du 26 avril 2019 modifiant la composition du Conseil National des sapeurs-pompiers volontaires).
 
Mais que vient faire le MEDEF au sein du Conseil National des sapeurs-pompiers volontaires ? Avec l’arrêt Martzak, l’Europe reconnaît un statut de travailleur aux sapeurs-pompiers volontaires Européens et donc Français.
 
De fait, « Le modèle » Français, qui consiste à missionner des personnes volontaires indemnisées – non imposées – pour exécuter des missions de secours, est quelque peu en péril.
 
On peut effectivement admettre la qualité des secours mais, les abus des collectivités qui recrutent ces pompiers volontaires au dépens des pompiers professionnels sont de plus en plus dénoncés par les employeurs qui voient leurs salariés de plus en plus sollicités pour exercer des missions de service public avec toutes les conséquences qu’elles impliquent : absentéisme, fatigue, accident… Un cumul d’emplois au noir réglementaire en somme.
 
L’État Français, n’applique pas aujourd’hui cet arrêt car, il serait impossible de financer tous nos sapeurs-pompiers volontaires comme des pompiers professionnels fonctionnaires. C’est un fait (un volontaire au grade de sapeur est à moins de 8 euros de l’heure).
 
Alors, très naturellement amenée par nos autorités, l’organisation des secours français se doit d’être revue dans son intégralité. La cour des comptes ne se prive pas d’ailleurs de le rappeler très régulièrement indiquant la nécessité impérieuse d’agir vite pour en réduire les coûts…
 
Après une première préparation psychologique des administrés qui se voient maintenant facturer certaines interventions des sapeurs-pompiers, voilà que le MEDEF, avec son odorat hors du commun, arrive avec dans ses valises les VINCI, BOUYGUES et compagnie et parvient à se faire intégrer au Conseil National des sapeurs-pompiers volontaires.
 
La presse relate le coût et les difficultés de secours utilisant la bonne vieille méthode du chien qui a la rage et nous y sommes : tous les ingrédients sont là pour envisager sereinement la privatisation des secours Français et le MEDEF ne s’y trompe pas. N’est-ce pas la volonté de ce gouvernement que de réduire les dépense publiques ?
 
Danger, extrême danger que ce qui se profile… Secours à deux vitesses, déserts de secouristes, secours payants. Un modèle où le chacun pour soi sera de mise en fonction des moyens individuels. Enrichissement des privés qui ne s’installeront que dans les grandes agglomérations, fini le secours humaniste où le pompier est bienveillant.
 
Le profit avant la vie !
 
Que prévoient-ils au juste ? Passer le secours à personnes au privé uniquement ou également les missions incendie ? Quand on sait que les SDIS commencent d’ores et déjà à séparer ces missions. Est-ce par anticipation ou réellement pour combler le manque d’effectif ?
 
Je verrais bien les SDIS assurer la mission incendie et la coordination des secours pendant que le privé reprendrait les secours à personne (SUAP) qui représente aujourd’hui 80 % des interventions des sapeurs-pompiers tous statuts confondus (en raison d’ailleurs de prises en charge non faites par le SAMU et/ou les ambulanciers).
 
L’arrivée du MEDEF au Conseil national des sapeurs pompiers ne présage rien de bon. La vigilance est de mise.
 
Parution JORF 28 avril 2019