Le 1er juin, les tarifs réglementés d’EDF ont augmenté de 5,9 %. Cette hausse a des causes bien spécifiques. Contrairement à ce que prétend le ministre de l’écologie, la hausse ne provient pas des coûts d’EDF, en particulier elle ne provient pas des avantages des salariés. En fait 40 % de la hausse viennent d’un objectif bien particulier : il faut obliger EDF à ne pas être trop compétitif.
 
C’est une conséquence directe de l’idéologie libérale de la Commission européenne qui impose aux états membres d’appliquer partout la concurrence libre et non faussée en particulier au secteur de l’énergie. Les gouvernements français successifs (Sarkozy, Hollande, Macron) ont accepté que la Commission ait son mot à dire sur l’organisation du secteur de l’énergie français.
 
Historiquement EDF a en France un monopole pour la production d’électricité hydraulique, pour la production d’électricité nucléaire, pour le transport de l’électricité et sa distribution aux ménages. Aussi la Commission impose à la France d’organiser artificiellement la concurrence du marché de l’électricité. C’est ainsi que sont apparus artificiellement des fournisseurs dit alternatifs d’électricité comme Engie, Total direct énergie ou Cdiscount.
 
En 2010 la loi nouvelle organisation des marchés de l’électricité (loi NOME) a imposé à EDF de vendre à ses concurrent 25 % de la production d’énergie nucléaire à un prix imposé très bas de 42 € le MWh. Cela a trois conséquences scandaleuses. D’une part EDF est contrainte de fournir à ses concurrents de l’électricité à un prix faible pour leur permette de proposer des prix plus bas qu’EDF. D’autre part, c’est un énorme gaspillage de ressources puisque ces distributeurs font des dépenses de publicité et de promotion pour arracher des clients à EDF souvent avec des arguments mensongers, souvent aux dépens d’usagers fragiles. Le pire c’est qu’une partie des gains de l’investissement français en énergie hydraulique et nucléaire ne sert qu’à augmenter le profit de sociétés parasitaires au lieu de profiter aux usagers, au lieu de financer les économies d’énergie et le tournant vers les énergies renouvelables.
 
En 2018 la situation se tend puisque les fournisseurs alternatifs victimes de leur succès saturent la quantité d’électricité que doit leur vendre EDF et se fournissent maintenant sur les marchés mondiaux à des prix nettement plus élevés que ceux que pratique EDF. Du coup elles perdent de l’argent et ne peuvent plus tenir les promesses faites à leurs clients d’une électricité moins chère que celle d’EDF. Alors la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a décidé d’imposer à EDF d’augmenter ses tarifs pour être plus cher que ses concurrents. C’est un prodigieux retournement de situation. La concurrence ne se fait pas en introduisant des producteurs moins chers qu’EDF mais en imposant à EDF d’augmenter ses tarifs de sorte que ses concurrents soient moins chers.
 
Cette hausse injustifiable, une incroyable arnaque, va coûter plus de 600 millions d’euros dans l’année aux consommateurs.