Revenu universel, la fausse bonne idée… Nous sommes contre !

 

La notion de revenu social garanti, présentée dans les années 80 par André Gorz  s’inscrit dans le cadre d’une société anti-capitaliste. Puisque 2 % de la population active suffiraient à assurer la totalité de la production matérielle, il faut imaginer un revenu pour garantir à tous une vie décente.

 

Il en est tout autrement sans remise en cause des fondements de la société ultra-libérale. Le libéralisme, exigeant de réduire les charges sociales et les impôts payés par les entreprises, veut changer la nature même du salariat. Le revenu universel, dans sa conception libérale n’a plus rien à voir avec les idées de Gorz. Il n’est plus en fait qu’un regroupement des minima sociaux. Comme le dit Jean Luc Mélenchon, c’est comme dire aux gens « prenez-le et fermez-la !»

 

Actuellement, à la suite des luttes et des négociations, les droits sociaux se légitiment par la protection d’un risque (grossesse, maladie, chômage, vieillesse) ou par la réparation d’une inégalité (allocations familiales, logement). L’institution d’un revenu universel se ferait en remplacement des allocations existantes, avec, en conséquences, la séparation complète entre travail et protection sociale et le changement des principes de la légitimation des droits sociaux. On peut faire le parallèle entre cette conception du salariat et la réforme des retraites. Au nom de l’universalisme, cette réforme dissocie l’activité du travailleur de la pension de retraite. Elle réduit l’humain à un individu accumulant des points quelle que soit son activité.

 

Si un revenu est versé à tous (de la jeune fille au RSA à Bernard Arnaud), la notion même de législation concernant un salaire minimum ou une durée maximale de travail sont menacées. « Je te paie moins, puisque tu touches déjà le revenu universel ». On peut rappeler qu’aucune proposition actuelle de revenu universel n’atteint le seuil de pauvreté et qu’il n’y a ici qu’« illusions destructrices », comme le rappelle Jean Luc Mélenchon.

 

Qu’en est-il du coût de l’instauration d’un revenu universel ? Selon les études de mai 2016 de la Fondation Jean Jaurès, un revenu universel à 1000 euros mensuels coûterait 675 milliards d’euros, soit 31 % du PIB. Dans la logique libérale, pour ne pas générer d’endettement supplémentaire, la Sécurité Sociale, fondée sur la solidarité entre actifs et inactifs, ne pourrait survivre et serait privatisée.

 

Contre cette fausse bonne idée libérale, la France Insoumise fait d’autres propositions, dans l’idée de travailler moins, travailler mieux , travailler TOUS :

 – augmentation du SMIC

– seuil plancher de 1000 euros pour les minima sociaux

– semaine de 32 heures

– allocation autonomie pour les 18-25 ans en formation sous condition de ressources

– plan de lutte contre le chômage


Sources 

Denis Merklen, 25 mai 2020, Libération

Laura Raim, 5 janvier 2017, Regards

Jean Luc Mélenchon, interventions sur BFM, 2016-2017