Au titre des produits et des objets qui participent au désastre écologique dont le GIEC vient de rappeler l’importance, le plastique occupe une place énorme. Il nous empoisonne au quotidien ! Il affecte l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et celle des océans et des rivières, il pollue les sols pour des centaines d’années.
Actuellement, la production annuelle mondiale de plastique est d’environ 450 millions de tonnes soit l’équivalent en poids de la population !
 
Depuis les années 1950 plus de 9 milliards de tonnes de plastique ont été produites et 7 milliards de tonnes ont fini dans l’environnement !. Mais si des mesures ne sont pas prises la production mondiale devrait doubler d’ici 2040. Le nettoyage des plages et l’interdiction des cotons tiges n’y changeront rien, de la poudre aux yeux !
 
Entre 10 à20 millions de tonnes de déchets plastiques terminent chaque année dans les océans soit une tonne chaque seconde ! Chaque minute un million de bouteille d’eau et 10 millions de sacs plastiques sont consommés. Mille tonnes de plastique sont jetées dans la Méditerranée tous les deux jours.

 
Quand on parle de « continent plastique » on désigne une étendue de déchets plastiques deux fois plus grande que la France ; c’est impressionnant mais la réalité c’est que dans l’océan 99 % des déchets plastique sont invisibles. Avec le temps, l’érosion, le soleil, l’oxygène… le plastique se fragmente en micro et nanoparticules* que l’on retrouve partout : au sommet de l’Everest et au plus profond des océans, (100 % des mini crevettes de la fosse des Mariannes à 11 km de profondeur ont du plastique dans leurs entrailles) dans nos poumons, dans les poissons, la viande, les fruits et légumes que nous mangeons et jusque dans les fœtus humains ! Une étude de « Santé Publique France » révèle que «  100 % des Français, adultes et enfants, sont imprégnés de composés fluorés, mais aussi de bisphénols (A, F et S ), de phtalates, de parabènes, d’éthers de glycol et de retardateurs de flamme ». Des substances chimiques dangereuses et des additifs synthétiques qui sont autant de perturbateurs endocriniens* liés au plastique (cancers, puberté précoce, diabète, obésité ou encore baisse de la fertilité).
 
Le plastique est un tueur silencieux !
 
Les innombrables pollutions dues au plastique, qu’elles affectent l’environnement, la faune, la flore ou la santé humaine constituent une bombe à retardement qui grossit de jour en jour !
 
Quelles solutions au problème des déchets plastiques ?
 
La production mondiale de plastique ne cesse de s’accroître avec pour conséquence la hausse continuelle des taux de maladies endocriniennes. En même temps les industriels du plastique et les multinationales qui en profitent ne ménagent pas leurs efforts pour augmenter leurs profits tout en assurant participer aux efforts pour « éradiquer » la pollution. Ils ne ménagent pas leurs efforts pour échapper aux dangers d’une réglementation politique contraignante et aux ONG de défense de l’environnement, et de la santé. Ils prônent le tri des déchets et le ramassage sur les plages et dans les parcs… par des bénévoles. Ils incitent aussi les particuliers à réduire leur « empreinte plastique ».
Enfin, les quantités de déchets devenant de plus en plus énormes, les pays occidentaux les ont longtemps transportés dans des pays-poubelles en Afrique et en Asie.
 
                                   Aujourd’hui l’argument suprême, c’est LE RECYCLAGE !
 
Quid du recyclage ?

Le recyclage, c’est l’astuce grossière pour tenter de faire accepter la réalité telle qu’elle est en exonérant, au moins partiellement les industriels de leurs responsabilités. C’est l’argument mensonger visant à déculpabiliser les consommateurs et surtout les encourager dans leur frénésie d’achats.
En réalité 9 % seulement des déchets plastiques générés depuis 1950 ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et tout le reste a terminé en décharge ou dans la nature.
 
Il faut souligner que la matière plastique constitue un danger pour la santé à chacune des étapes de son cycle de vie : raffinage, transport, fabrication des objets, utilisation par les usagers, jusqu’à l’incinération ou la dispersion dans la nature.
 
Agir contre la pollution plastique !

Le plastique est partout : très polluant, le plus souvent toxique, gros émetteur de gaz à effet de serre, il n’en est pas moins un matériau aux formidables propriétés qui a envahi notre quotidien depuis longtemps. Il a révolutionné la vie matérielle quotidienne partout dans le monde : dans l’alimentation, la médecine, le vêtement, le bâtiment, les transports, l’électronique, l’informatique, etc. On ne s’en rend pas compte mais il est devenu impossible, ne serait-ce que quelques secondes d’éviter tout contact avec ce matériau.
 
Le plastique a tant d’atouts qu’il peut paraître actuellement quasiment impossible de l’éradiquer. Il faudra du temps pour trouver des substituts acceptables à tout ce qui est fabriqué en plastique. La tâche est donc gigantesque ! L’empoisonnement par le plastique concerne le monde entier et par conséquent nécessiterait une collaboration et des accords internationaux pour y faire face avec efficacité dans les meilleurs délais. Seul le tarissement des sources de matière première (pétrole, gaz, charbon) pourra mettre fin à la production et à la pollution plastique et stimuler la recherche et l’expérimentation de solutions alternatives.
 
A notre échelle locale que pouvons nous faire pour contribuer au « dépoisonnement » du Monde par le plastique ?
– Informer sur la pollution par le plastique et sur ses conséquences pour la santé et l’environnement.
– Dénoncer auprès des usagers et des élus l’usage abusif par les Carrefour, Leclerc, etc. du plastique servant d’emballage jetable à une incroyable quantité de produits remplissant les rayons des supermarchés.
– Dénoncer le manque d’ambition (euphémisme) de l’Union Européenne et du gouvernement Français en matière de réduction et de gestion des déchets plastiques. Leurs mesurettes ne risquent pas d’effrayer les industriels.
– Faire connaître les propositions de L’AVENIR EN COMMUN pour une bifurcation écologique globale, radicale, planifiée et démocratiquement organisée et mise en œuvre.
 
J.L 17.08.2021
 
* microplastique : particules de plastique de moins de 5 mm
* nanoparticule : particule de plastique mesurant entre 1 et mille nanomètres. Or le nanomètre c’est 0,000001 millimètre ! C’est microscopique !
* perturbateurs endocriniens : molécules qui imitent, bloquent ou modifient l’action d’une hormone et perturbent le fonctionnement normal d’un organisme.
* extraction : le plastique est à 99 % issu des énergies fossiles : pétrole, gaz et charbon.
 


 
Le #6 des « Livrets de la France insoumise »  aborde le thème de la règle verte et de la planification écologique. Il a été préparé par un groupe de travail animé par Martine Billard, ex-députée, et David Pellicer, enseignant.
 
Les Cahiers de l'Avenir en commun, N°2 – Défi 9emeLes cahiers de l’AEC : N°2 La planification écologique
Le capitalisme et ses corolaires – le productivisme et le consumérisme – sont les logiques qui organisent le monde et le mènent à sa perte. Le chômage de masse est structurel, la destruction des droits sociaux menace le bien-être humain, les pollutions sont à l’origine d’une surmortalité et du dérèglement climatique, les traités de libre-échange engendrent migrations économiques et climatiques.
 
Jean-Luc Mélenchon défend depuis plus de 12 ans la mise en œuvre d’une planification écologique : il faut organiser la grande bifurcation écologique de notre économie. Il s’agit de planifier cette bifurcation dans tous les secteurs : énergie, nationalisations, protectionnisme solidaire, plan d’investissement, finance, construction et bâtiment, aménagement du territoire, transports, consommation, biodiversité, agriculture et alimentation, eau, forêts, économie solidaire…