Gabriel AMARD  député du Rhône (FB 10 08 2022)
 
L’hexagone connaît une très grave sécheresse. Au 4 août, 93 départements sont visés par un arrêté de restriction d’eau. Plus de 100 communes n’ont pas d’eau potable. Avec Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Loïc Prud’homme, nous alertons depuis des mois sur ce risque.
 
Le gouvernement aurait dû anticiper la sécheresse car 1) On constate une hausse des épisodes de sécheresse 2) En mai 2022, 34 départements étaient déjà concernés par un arrêté de restriction 3) Le déficit pluviométrique était de 20-30% de sept 2021 à avril 2022.
 
Au lieu de quoi, depuis la fin du Varenne agricole de l’eau, le gouvernement prépare les textes pour accélérer les bassines d’irrigation critiquées par les associations et les experts de l’eau parce qu’elles réduisent fortement les volumes d’eau souterraine et de surface. Dans le même temps, le gouvernement laisse les grands agriculteurs du Lot-et-Garonne gérer le barrage de Caussade pourtant jugé illégal et ferme les yeux sur les captages excessifs des réserves d’eaux minérales dans la période et les surconsommations d’eau dans les golfs.
 
Oui, il ne pleut pas et il y a les fortes chaleurs. Mais la sécheresse a aussi des causes humaines : l’imperméabilisation des sols (20 à 30 000 ha/an en France), l’irrigation excessive et le refroidissement des centrales nucléaires (48% et 22% de la consommation d’eau /an). La création de la cellule interministérielle de crise intervient très tardivement. Elisabeth Borne et Christophe Béchu ne semblent pas prendre la mesure de la perturbation du cycle de l’eau. Les sécheresses extrêmes suivies d’inondations dévastatrices se multiplieront.
 
Il faut un plan d’urgence pour 1) stopper les gaspillages : bassines, golfs, captage des eaux minérales… 2) garantir l’accès à l’eau : raccorder les bidonvilles et ouvrir des fontaines, toilettes et douches 3) distribuer des bouteilles d’eau si nécessaire en Outre-mer 7/10
 
Sur le long terme, nous proposons la création d’un Haut commissariat à l’eau qui agit selon 1) la règle bleue (ne pas prendre plus que ce que les masses d’eau ne peuvent reconstituer) 2) le droit à l’eau et à l’assainissement 3) la gestion publique, locale et citoyenne. Il aurait un rôle de coordination et de planification pour contraindre les acteurs économiques qui font main basse sur l’eau, renforcer les agences de l’eau, organiser le passage en gestion publique, agir sur les causes (irrigation excessive, artificialisation excessive…).
 
Je me battrai pour une politique de l’eau débarrassée des lobbys, qui s’adapte au dérèglement climatique et qui garantit le droit à l’eau.
 
Rdv le samedi 28 août aux amFIs2022 pour une conférence “Gouverner par temps de sécheresse et d’inondations” avec Marion Fourtune de France nature environnement et la chercheuse Julie Trottier.