Au marché de Fécamp, entre promenade et discussion autour d’un verre, mon vieux camarade quasi nonagénaire m’a fait part de ses réflexions après le 2ème tour des Présidentielles (Le Pen à 50% à Fécamp !) et à l’approche des législatives.
 
«  Le 2ème tour, dont les résultats sont évidemment biaisés, m’a profondément déçu car je n’imaginais pas mon pays devoir choisir entre 2 droites extrêmes. L’une est ouvertement fascisante, raciste et antisémite depuis sa création en 1972 même si elle s’efforce aujourd’hui, pour mieux séduire, de se dédiaboliser et de dissimuler les contradictions de son propre « programme ». « L’autre, au service de la finance et des ultra riches est tout autant nuisible et dangereuse comme les Français ont pu le constater pendant 5 ans »
 
Quand je lui demande comment il ressent et explique les scores à Fécamp et les environs de celle qui adore les chats, les gens, la France…et les immigrés !! il répond que, selon lui, le vote RN est principalement et avant tout un geste de désespérance, une grande colère sociale. Il explique que depuis la forte désindustrialisation de la Haute Normandie, laquelle a notamment impacté le Pays de Caux et la région de Fécamp, le précariat s’est partout développé et durablement installé.
 
La vie quotidienne de beaucoup de familles modestes est devenue de plus en plus difficile sans la moindre lueur d’espoir de s’en sortir. Le chômage, les petits boulots toujours en CDD mal payés ou l’obole désormais payante du RSA, des villages dortoirs parfois sans vie où les relations de sociabilité et de solidarité sont réduites, désertés par les services publics, les commerces et les toubibs… Et quand à tout cela vient s’ajouter la flambée des prix – essence électricité, denrées alimentaires de première nécessité – alors qu’on arrive déjà pas à boucler les fins de mois, alors oui c’est la colère ! Une colère aggravée par le sentiment d’impuissance et par la haine ressentie à l’égard de « ceux d’en haut » les « élites » qui les méprisent, a commencer par le Président des riches !
 
« A ce niveau de colère qui exclut l’analyse objective de la réalité et la réflexion personnelle, on peut hélas aller jusqu’à voter RN et même à en prendre l’habitude. Ca devient comme un réflexe, un geste presque inconscient ! Aujourd’hui, l’espoir né du résultat obtenu par Jean-Luc Mélenchon, puis la création ô combien historique de l’union LFI, verts, PCF, PS tant attendue ,espérée et enfin réalisée peut permettre de convaincre les plus pessimistes, les plus résignés qu’il est possible de changer la vie des gens »
 
A son âge mon vieil ami quasi nonagénaire (il avait 3 ans au moment du Front Populaire) rêve les yeux ouverts d’une Nouvelle Union Populaire installée dans la durée.
 
Enfin le peuple aux manettes !
 
Et il s’amuse, depuis la création de la NUPES, des commentaires hargneux de ceux qui aiment les Français soumis, aveugles, le Peuple sans droits et sans voix.
 
« Il faut » dit-il, « convaincre les abstentionnistes de participer à ce changement !
Il faut convaincre les électeurs RN qu’aux éternelles promesses, mensonges et fausses solutions prônées par le clan Le Pen père et fille depuis 50 ans, il existe de vraies solutions bien concrètes pour CHANGER LA VIE DES GENS. »