Faire de la santé mentale une grande cause du quinquennat : renforcer les moyens des centres médico-psychologiques (CMP) et des structures dédiées au handicap psychique, et augmenter le nombre de places en faculté de médecine dans la filière psychiatrique.
 
En 2022, à l’hôpital psychiatrique, des patients en crise sont attachés sur leurs lits…Parfois une heure, un jour, plusieurs…Depuis longtemps…Réellement ! Dans le jargon, on parle de « contention thérapeutique» …
Derrière l’euphémisation du langage se cache une certaine réalité de l’hôpital psychiatrique. pre, violente…Pour avoir saisi le contrôleur général de lieux de privation de libertés, le psychiatre Mathieu BELLAHSEM a été démis de ses fonctions de chef de pôle à l’hôpital Roger-Prévot de Moiselles (95) en juillet 2021 (cf lundi.am/La-psychiatrie-et-ses-folies).
 
Ce n’est pas de purge qu’une institution qui se donne pour tâche de soigner a besoin. Elle a besoin d’une autre « politique de la folie » (François TOSQUELLES). Une politique de la santé mentale sur le temps long, une politique de la santé mentale qui humanise les soins. Les moyens de cette ambition seront donnés aux CMP et aux autres structures dédiées aux prises en charge psychologiques et psychiatriques, en secteur et à l’hôpital. Pour les familles, trouver une place en consultation ou en établissement n’a pas à ressembler à un parcours du combattant, comme trop souvent…
 
La filière sera également rendue plus attractive dès le début de la formation de tous les personnels soignants ; médecins, infirmier.e.s, aides-soignant.e.s.
 
J’ai choisi un indicateur normand pour finir de caractériser l’urgence. Indicateur rehaussé à la sauce chiffrée de l’ARS de Normandie.
Je cite : « La Normandie figure parmi les régions de France les plus impactées par les conduites suicidaires.
Santé publique France publiait en février 2019 les points clés du territoire normand :
La Normandie présente un taux de suicide parmi les plus élevé avec une sur mortalité par suicide de +23% par rapport à la France métropolitaine.
Le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide en Normandie est supérieur de 47% par rapport à la France métropolitaine.
La Manche et la Seine-Maritime sont les territoires les plus touchés : en 2015, la Manche était au 1er rang en termes de mortalité par suicide (25 suicides pour 100 000) et au second en terme d’hospitalisations pour TS (240 pour 100 000) ; la Seine-Maritime était au 1er rang en terme d’hospitalisations pour TS (260 pour 100 000) mais présentait le plus faible taux de suicide (17 pour 100 000).Les intoxications médicamenteuses volontaires sont les premières causes de tentative de suicide (9 recours aux urgences sur 10 et 80% des hospitalisations pour tentative de suicide dans la région).
La moitié des récidives de tentatives de suicide surviennent dans les 2 à 3 mois suivant le premier passage aux urgences : 7,6 % des suicidants admis aux urgences en 2017 en Normandie ont réitéré leur geste dans les 18 mois de la période d’étude ; la moitié d’entre eux dans les 2 à 3 mois suivant leur premier passage aux urgences. 1 personne sur 20 est concernée par des pensées suicidaires en Normandie (chiffre 2017) ».
Fin de la citation…
Pas tout à fait…En 2021, au niveau national, c’était 1 personne sur 10 qui avait été traversé par ces pensées…l’autre vague à venir du coronavirus

Combien en Normandie ? Combien de soignants parmi elles ?

Face à cette xième vague, c’est ne pas réarmer le secteur qui serait suicidaire…
Autre chantier de taille, remettre la création d’un pôle public du médicament sur l’ouvrage. Déjà porté par Caroline FIAT et le groupe LFI à l’Assemblée Nationale, sous forme d’une proposition de loi n° 2814, déposé(e) le mardi 7 avril 2020 avec le succès que l’on sait…( la présidente de la commission était Brigitte BOURGUIGNON)…Ce projet avait été littéralement désossé par LAREM.
 
Luc G.